04.11.2008

LES MILITANTS SOCIALISTES VONT-ILS PLEBISCITER LA REVANCHE DU VIEUX PS

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Depuis la dernière élection présidentielle, Ségolène Royal, en tant qu'ancienne candidate socialiste avait promis de ne pas abandonner ni le terrain, ni l'opposition à la droite, ni les militants, ni les sympathisants et elle a tenu sa promesse, du 6 mai 2007.

Faisant campagne illico auprès de ses camarades lors des législatives suivant les présidentielles, elle incarnait pour tous le rôle de chef de l'opposition. Et ce malgré les livres assassins de nombre de ses collègues socialistes...

De même lors des municipales, l'ex-candidate, demandée partout dans la France, et notamment en banlieue, sera sur tous les fonts, jusqu'à la victoire écrasante de la gauche dans les villes.

Pourtant, dès septembre 2008, ceux que Françoise Degois a récemment qualifié de "revenants" dans sa chronique politique sur France-Inter, Lionel Jospin qui "s'en va, revient, avant de repartir" et Michel Rocard, qui "distribue bons points et bonnets d'âne à longueur d'interviews", fourbissaient leurs armes pour faire barrage à la montée en puissance, au sein du PS même, de Ségolène Royal.

Une fois les élections passées, Martine Aubry et Bertrand Delanoë, confortablement réélus dans leur bastion, sont donc sortis du bois.

La maire de Lille après une longue traversée du désert -auprès des électeurs comme des militants ou de Pierre Mauroy-, le maire de Paris après avoir promis solennellement aux Parisiens qu'il ne s'intéressait pas à autre chose qu'à l'Hôtel-de-Ville....

L'heure étant à la rénovation, ces deux caciques du parti socialiste période gauche plurielle puis 21 avril 2002, ont alors décidé par tous les moyens de marginaliser Ségolène Royal.

Martine Aubry - incarnation depuis les 35 heures de l'aile sociale du PS- a ainsi rallié les fabiusiens et une partie des strauss-khaniens -incarnant les plus libéraux du PS- sans que la contradiction idéologique ne la gêne...

Bertrand Delanoë, pour sa part, s'affiche comme un jospinien pur sucre -et il est sincère, "libéral ET socialiste".

Mais après avoir attaqué violemment François Hollande, notamment pour sa capacité à faire la synthèse depuis 10 ans entre des courants totalements en désaccord, voici qu'il l'accueillait à bras ouverts, l'actuel 1er secrétaire du PS se refusant à voir son ex-compagne prendre sa place...

Quelle cohérence dans tout cela ? (ne chechez pas d'idées, il n'y en a pas ou si peu)

1. Lionel Jospin

Il voue une haine toute personnelle et inextinguible envers Ségolène Royal depuis au moins 1994, alors qu'elle soutenait Jacques Delors pour les présidentielles de 1995...

Il a d'ailleurs appelé Aubry et Delanoë, qui ne cessent de se déclarer leur flamme -haineuse et idéologique- à s'allier après le congrès... Alors que Mme Aubry éructait récemment que Delanoë en se déclarant "libéral" n'avait plus sa place au PS !

2. La revanche personnelle...

Jospin n'a jamais digéré sa défaite du 21 avril 2002 face à Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac. Comme le dit Françoise Degois, de Rocard et de lui : "leur compteur respectif s'est arrêté sur Matignon, là où ils rêvaient de l'Elysée. Etre sans jamais avoir été"...

Martine Aubry, comme le relate très bien Renaud Dély dans La guerre des "ex", "après avoir bataillé jusqu'au bout pour l'empêché de décrocher l'investiture pour l"Elysée", allant jusqu'à l'insulte, s'est ensuite distinguée par son absence pendant la campagne de Ségolène Royal... Jusqu'à ce qu'on la soupçonne, en bonne social-décmorate chrétienne qu'elle est, d'avoir voté Bayrou, c'est-à-dire contre le PS, au 1er tour des élections de 2007...

Dély d'expliquer une telle attitude par son dépit :" s'il est une femme qui devait incarner le PS, la gauche, son avenir et ses aspirations juqu'au plus haut niveau du pouvoir, c'était elle, c'était écrit".

Hollande, c'est clair, après avoir hésité sur sa propre candidature en 2007, laissait contre son gré la place à sa compagne et mère de ses enfants... Contre son gré, quitte à la fragiliser en pleine campagne.

La suite a donné raison à Dély : "la guerre des "ex' [...] continuera jusqu'au bout, jusqu'à ce que l'un des deux belligérants quitte définitivement la scène présidentielle, voilà pourquoi, concluait-il, "la guerre des ex" ne fait que commencer"...

En outre, depuis 10 ans, François Hollande a cautionné le système des courants, devenus des écuries électorales dimnées par un chef, des "clans", selon Royal. Elle avait donc eu la prémonition de leur rôle funeste dès 1994.

En se ralliant dernièrement à Bertrand Delanoë, François Hollande a non seulement piétiné la neutralité qui devait être la sienne en tant que 1er secrétaire du parti mais rejoint pour des raisons uniquement opportunistes, le clan Jospin-Delanoë qui n'a eu de cesse de l'insulter auparavant...

3. L'impossible succession à François Mitterrand...

Jospin s'était déclaré, en 1995, pour le "droit d'inventaire" des années Mitterrand, "tuant le père" pour mieux incarner le renouveau après 14 ans de pouvoir élyséen socialiste...

Ségolène Royal s'est toujours prononcé contre et a toujours assumé voire revendiqué l'héritage mitterrandien... Son attachement personnel mais aussi sa proximité intellectuelle avec le seul Président socialiste de la Ve République ne sont plus à démontrer (le mépris pour l'argent, des discours très durs vis-à-vis des riches, la ruralité contre le parisianisme et en même temps le souci "chevillé au coeur" des jeunes de banlieue, une "certaine idée" de la défaite, le possible approfondissement du cycle d'Epinay etc.).

En outre, chose insupportable à Jospin comme à Delanoë ou à Aubry, Ségolène Royal dispose d'un charisme inégalé à gauche depuis Mitterrand. Ce qui médusa nombre de caciques socialistes durant sa campagne de 2007...

Elle-même le dit, c'est en 1993, lors du dernier Conseil des ministre sous Mitterrand, lors de ses adieux à son maître en politique, que Ségolène Royal a acquis la force et combativité qui l'animent face à la droite...

Bref, outre la nouveauté Royal, -Delors n'a-t-il pas dit d'elle: "elle a fait durant sa campagne ce que j'essaye de faire depuis 30 ans", outre le fait qu'avec elle le vrai changement au PS signifiera la fin des places acquises et le renouvellement générationnel -ce qu'elle partage avec Benoît Hamon-, on ne peut qu'être désolés par les motivations de ses deux principaux concurrents pour commander aux destinées du socialisme français...

Les militants devraient en être pleinement conscients... Ils sont démasqués... Des injures d'un Jospin ou d'une Aubry aux manoeuvres complètement immorales d'un Delanoë ou d'un Hollande.

Ce sont eux, militants qui auront le choix : croire en la nouveauté, à "un socialisme, idée neuve au XXI" siècle" (motion E portée par Royal) ou donner quitus à la revanche des "revenants"...

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